C'est donc le grand jour ! On va prendre une ligne intérieure chinoise...
Un moment de doute massaï (

) sur la qualité de l'avion (Aeroflot de seconde main ?), mais je serais rapidement soulagé en voyant qu'il s'agit d'un airbus A330-300...
Quoique, dernièrement... ^^
Bref, arrivé à l'aéroport à 9h30 ce lundi matin, on enregistre nos bagages, sans trop de soucis de surpoids (contrairement à AirFrance qui demande 300€ de plus pour 5kg de trop !

), quand tout d'un coup, une fliquette me demande de passer derrière le comptoir d'enregistrement (en passant sur le tapis où l'on dépose les bagages) pour voir un truc !
Imaginez cela possible dans les aéroport français !!!
Bref, la nana armée d'un flingue me demande d'ouvrir ma valise pour vérifier un truc suspicieux selon elle. Il s'agissait en fait de la batterie d'un de mes ordinateurs portables qui était sur le coté de la valise, et dont la forme à l'écran aurait pu ressembler à un petit PM...

Parano, quand tu nous tiens... :P
Une fois tout enregistré, on vaque dans l'aéroport histoire de se trouver un café à boire.
Vient le moment de passer en salle d'embarquement, refouille, obliger de laisser ici les bouteilles d'eau, ainsi que celle de pinard, venue de france dans nos bagages, et que l'on n'a pas eu le temps de boire !

Ca fera un douanier heureux ! ^^
Embarquement donc dans un airbus tout neuf, et décollage pour 2h de vol en direction de Shanghai.
Vu le niveau de nébulosité en dessous de nos ailes, impossible de voir quoi que ce soit du paysage survolé : dommage !
Nous sommes bien arrivés à l'aéroport d'Hongqiao, situé à l'Ouest de Shanghai, à 20mn du centre. Il existe un autre aéroport pour desservir la ville, situé lui un peu plus loin à l'Est, Pudong International, dans la continuité des nouveaux quartiers de la ville.
A peine sorti de l'avion, on débarque dans le hall en priant pour que nos bagages soient bien là ! No soucy de ce côté non plus : sont efficaces les chinois.

On finit par prendre une voiture avec chauffeur, sans doute un poil plus cher que les taxi, mais comme on a de grosse valises, on ne serait jamais entré tous dans la même voiture. Donc pas de regret : 250RMB pour 35mn de trajet, ce n'est somme toute pas cher.
Le trajet en direction du quartier français dans lequel se trouve notre hotel est l'occasion pour nous de prendre une claque magistrale...
A mort les préjugés, à bas les idées préconçues de la ville.
Pour comprendre le pourquoi du comment, je vais vous donner quelques infos historiques sur Shanghai, pour ceux qui ne connaissent pas.
Shanghai était à l'origine un port de commerce, peu important, même s'il était bien situé au bout de l'estuaire de Hangzou. Sa place le rendait par contre intéressant pour le commerce de l'opium, commerce qui prit fin en 1842 avec le traité de Nankin. Le calme sera définitif qu'en 1860 dans ce coin, avec l'intervention de troupes étrangères.
C'est aussi en 1841 que Hong Kong tombait aux mains des anglais.
C'est à ce moment, que ce port, jusque là fermé aux étrangers, leur fut ouvert.
De fait, cette ville qui comptait environ 200 000 habitants, pris un essort énorme, du fait de l'implantation de colonies française et anglaise (environ une 100aine de personnes au début dans des quartiers très fermés de la ville).
La population de ces concessions vint à grossir rapidement de plusieurs 10aines de milliers de chinois, fuyant les attaques et les guerres, comme à l'époque de la société secrète du petit Couteau contre la dynastie impériale.
La construction des logements pour cette main d'oeuvre providentielle et la spéculation qui s'ensuivit devint le moteur de l'expansion de la ville. Les autorités étrangères décident des 1er travaux publics (terrassements, routes, ponts). Le bund nacquis de l'aménagement du port sur le Huangpu (le fleuve qui traverse la ville) à ce moment là.
La principale richesse qui était encore la production textile se voit rapidement complèté par les banques, les minoteries, et les filatures.
Shanghai devint ainsi, avec l'aide du développement des villes l'entourant, un port international de 1er plan.
C'est vraiment au 20ème siècle que tout se précipita, puisque Shanghai fût la première ville chinoise à recevoir le gaz, l'électricité, le téléphone, le tramway, comme dans les villes occidentales, avec à peine quelques années de décallage, même si les 2 guerres mirent à mal la présence étrangère et la population locales qui souffrit alors beaucoup du chomage et de la famine.
En 1936, ce "Wall Street chinois" comptait 15 banques étrangères, 128 banques chinoises modernes, 72 banques traditionnelles, et plus de 100 maisons de change.
Les états étrangers y avaient investi plus de 3.5 milliards de dollars. Il y avait 6000 usines et ateliers représentant la moitié de la production, et 40% des ouvriers salariés de toute la Chine, soit 800 000 personnes !
Dans un pays communiste, Shanghai fût décriée comme "bastion bourgeois". L'occupation par les japonais entre 1941 et 1949 et les purges du gouvernement firent fuir pas mal de familles riches vers Hong Kong à cette époque.
Sous l'impulsion du gouvernement chinois, à partir de 1950, la diversification de la production se décida vers l'acierie au nord, dans le Baogang, et la pétrochimie au sud, dans le Jinshan.
La population ne cessa quand même pas de croitre, puisqu'elle passa de 2 millions d'habitant en 1920 à 3.2 millions en 1930, puis 3.8 millions en 1937, et près de 20 millions aujourd'hui... Un tiers de la population française...
Le Shanghai d'aujourd'hui, c'est 1% de la population chinoise, et 5% de son PIB, avec près de 60 milliards de dollars.
La population locale fait partie des mieux loties, après celle de Shenzhen, avec un PIB/habitant de 5000$, soit 4 fois plus que la moyenne chinoise.
40 000 sociétés étrangères, dont plus de 400 des 500 plus grosses multinationales, ont leur siège à Shanghai...
Et lorsqu'on arriva, on est tombé sur une ville moderne, avec des gratte-ciels comme s'il en pleuvait, des enseignes lumineuses haute de plusieur 10aines d'étages, bref, une ville bien loin de ce que notre imagination nous faisait remonter à la surface à l'évocation du nom de Shanghai !
De l'autre coté du fleuve Huangpu (il fait face au Bund), le quartier d'affaire de Pudong qui se développe depuis 1990, et qui doit se terminer en 2030, a vu se batir 520km² de surface, l'équivalent de 74 fois La Défense, creusé 3 tunnels sous le Huangpu dont un pour le métro, 4 ponts, des kilomètres d'autoroute, un aéroport international, et un train à sustentation électromagnétique !
Et ce n'est pas tout, car le choix de Shanghai pour l'exposition universelle de 2010 a accru les travaux et les déplacements de population (plus de 600 000 personnes entre 2002 et 2003) depuis la zone de Puxi où doit se tenir la fameuse exposition.
Nulle doute que tous ceux qui auront la chance de se rendre en Chine, à Shanghai, à cette période, en reviendront marqués à jamais de la puissance du géant de l'orient !
C'est cette ville là que nous avons pris en pleine poire, sans être préparé le moins du monde !
Cette ville attachante, comme une maitresse orientale, qui vous subjugue de sa modernité affolante, sans oublier un passé et un héritage des plus vieux, que l'on sent à chaque détour dans les quartiers historiques.
L'hôtel dans lequel nous séjournons est d'ailleurs typique des années 1930 avec ses briques rouges, que nous retouverons ici ou là dans la ville, avec des immeubles dont l'architecture n'est pas sans rappeler le Chicago de ces même années.
En sortant de l'hôtel, on retrouve ce qui fait la spécificité de la concession française, c'est à dire des rue à dimensions européennes, avec des platanes, et bordée de maison de type particulières, avec peu d'étages.
Ces platanes sont d'ailleurs agréables pour couper le rayonnement direct du soleil, et faire baisser un peu de quelques degrés la chaleur ressentie !
Mais pour certains, dont ce Husky, ce n'est pas suffisant, et son maître a pris des mesures radicales !!!
Shanghai est en fait à l'opposé de ce qu'on imagine d'un pays communiste : la liberté d'entreprendre, chacun à son niveau, est poussé au paroxysme (depuis le vendeur de copies de montre, dans la rue, en passant par toutes les boutiques de marques des lieux commerçant, jusqu'à la multinationale la plus grande), alors que d'un autre coté, l'éducation devient gratuite pour tous, l'accès à la culture est gratuit (le musée de Shanghai, présentant des merveilles, est gratuit d'accès : imaginez Le Louvre accessible à tous !), et la protection sociale prend de l'ampleur.
La richesse la plus grande cotoie la pauvreté, mais tous oeuvrent pour améliorer leur avenir enver et contre tout !
A suivre, le centre ville de nuit : magnifique !!!