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Vieux 23/01/2008, 16h56   #1
olivier78
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tmax

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Essai par un magazine connu

Comparatif Yamaha T Max 500 et Gilera GP 800 : Péril sur le T-Max ?

Proposé à 9 300 €, soit 300 € de plus que le Yamaha T Max 500, le
Gilera GP 800 revendique fièrement ses 200 km/h compteur et un
comportement serein. Mais a-t-il de quoi tenir tête au best seller des
maxi scooters ? La réponse au cours de ce double baptême parisien,
fortement arrosé et riche en sensations !

Alors que les premiers modèles de GP 800 et de T Max 500
sont livrés en concession et commencent à circuler, nous voici au
guidon des deux bolides pour un comparatif maison musclé. Les deux
protagonistes ont sorti la grosse artillerie pour se livrer une
bataille sans merci, dont Paris et ses alentours seront le théâtre. Le
Gilera entend bien prouver que ses quarante kilos supplémentaires sont
compensés par un caractère moteur enchanteur, alors que le T-Max 2008
repousse toujours plus loin les limites de la maniabilité et de la
facilité pour imposer sa cylindrée inférieure.



Yamaha T Max 2008 : Tout nouveau, tout beau

Star incontestable et incontestée des boulevards,
champion du périphérique et sportif émérite, il nous tardait de
retrouver le T-Max dans son élément. Depuis son lancement en 2001, le
maxi scooter emblématique de Yamaha a séduit près de 15 000 motards, et
s’est vendu à 4 124 unités en 2007. Il suffit de le poster sur un
trottoir de la capitale pour juger de son aura et de son succès.
L’effet se révèle immédiat, les curieux s’agglutinent et les questions
fusent : "Alors, il est mieux que l’autre ?", "Ca roule fort ?", "Il
vaut combien ?"... La réponse se fait immédiate également : "Oui, oui
et... 9 000 €".
Toujours parfaitement reconnaissable, le T-Max a pourtant subi cette
année son premier lifting significatif. Nouveau look bien plus acéré,
ligne plus légère et davantage de plastiques laqués dans son habillage
le démarquent des autres scooters de la production, y compris de l’ancien modèle.
Du coup, les nouvelles jantes, dont une de quinze pouces à l’avant
(contre quatorze auparavant) et la nouvelle fourche de 43 mm au lieu de
41 mm passeraient presque inaperçues. L’essentiel du changement semble
pourtant caché : le T-Max 2008 étrenne un nouveau cadre en aluminium
(moins quatre kilos), bénéficie d’un empattement plus long de cinq
millimètres, et embarque de nouveaux étriers de frein avant monobloc à
quatre pistons. Autant d’améliorations discrètes à l’oeil, mais
sensibles à la conduite. Nous avons profité de l’occasion pour prêter
le nouveau T-Max à Jérôme. Fan de la première heure et actuel
propriétaire d’un modèle 2002, vous retrouverez ses impressions dans
notre rubrique "à retenir". Sachez cependant que le modèle 2008 lui a
fait forte impression, mais que compte tenu du risque encore plus élevé
de vol (avec une expérience douloureuse à son actif), Jérôme continuera
à rouler avec son ancien T-Max. Voilà qui est dit.



Gilera GP 800 : Mi scooter, mi moto

Après une journée passée en compagnie du T-Max 500,
nous nous demandions si le GP 800 n’allait pas souffrir de la
comparaison. Déroutant de facilité, léger et particulièrement agile, le
Yamaha n’a eu de cesse de marquer des points tout au long d’un parcours
effectué à son guidon. Reste toutefois une selle très découpée et
ferme, et un tunnel central plus encombrant que par le passé. Ce
dernier écarte d’ailleurs d’avantage les pieds. Voyons ce que propose
le Gilera.
Première constatation, l’Italien joue dans un tout autre registre. Plus
cossu, plus "sport classy" dans l’esprit et dans l’allure, le GP 800
affiche une identité visuelle propre. En témoigne la réflexion
suivante, venue d’un motard en BMW (et ex T-Maxiste)
croisé au cours du roulage : "De l’arrière, je ne parvenais pas à
savoir si c’était un maxi scooter ou une grosse moto". Une remarque
flatteuse, d’autant plus qu’à bord, l’impression s’avère similaire :
que ce soit en termes d’ergonomie ou de répartition des masses, on se
sent sur le GP 800 comme sur une grosse routière.
Et en considérant les dix-huit litres du réservoir (contre quinze sur
le T-Max), et le rayon d’action supérieur à 300 kilomètres, on ne peut
qu’abonder en ce sens.
Confortable de selle et de suspension, le Gilera se montre du coup plus
accueillant que le Yamaha. Très détendue, la position de conduite
évoque effectivement autant le voyage au long cours qu’un quotidien
sans douleur. Un soin particulier a d’ailleurs été apporté à
l’ergonomie. Les mains trouvent naturellement les demi guidon en
position relevée, faisant immédiatement ressortir le côté sportif du
T-Max. Avec son guidon bas, le 500 semble en effet faire plonger les
bras vers les commandes, rendant le maxi scoot moins présent en main.
Décidément, le T-Max se la joue aussi sportif dans l’esprit que dans le
look ! Les pieds apprécieront pour leur part l’espace plus large et
plus haut qui leur est alloué sur le tablier du Japonais. Dommage en
effet qu’une fois les jambes allongées, une grande pointure ne tienne
pas plus en largeur qu’en longueur sur le tablier du GP800. On
préfèrera en revanche la forme du tunnel central du Gilera, finalement
plus discrète au pied que visuellement.
Malgré un volume moindre et un poids nettement inférieur, tous deux
bénéfiques à basse vitesse, le T-Max se fait plus volontiers sélectif
vis à vis des petits gabarits. En témoigne la hauteur de selle de 800
mm, supérieure de 20 mm à celle de son concurrent (780 mm). Du haut de
son mètre soixante dix, l’un de nos deux rouleurs, Damien, préfèrera
donc logiquement le Gilera, quitte à devoir jouer de la jambe et du
muscle à l’arrêt. Une fois en route, en tout cas, on se cale aussi
confortablement contre le dosseret de selle de l’un et de l’autre.



La surenchère utile

Au guidon de l’Italien, changement d’univers !
Contrairement au T-Max, finalement très discret en terme de "sensations
mécaniques", le GP800 fait appel à tous les sens, à commencer par le
toucher. Les vibrations caractéristiques du moteur bicylindre en V à
90° rythment en effet tout trajet. Sensibles dans le guidon, elles se
font aussi ressentir dans le plancher. Loin de gêner, elles participent
à ce qui devient vite un plaisir tactile et renseignent sur l’effort
moteur, au même titre que la sonorité profonde de l’échappement. Un
aspect qu’apprécie particulièrement Damien, ex-possesseur d’une Ducati
900.
Vous vous en doutez peut être, mais le bicylindre vertical du T-Max
peine face à celui qui n’est autre que le plus gros moteur inséré dans
un scooter de série. Sur le papier, le bloc Yamaha rend près de 31,5
ch., 3 daN.m et 340 cm3... Ceci se traduit par des départs canon qui
laissent sur place le T-Max, pourtant peu avare côté performances. Il
faut dire que ce dernier est également pénalisé par un creux au
démarrage ressenti aux alentours de 30 km/h (3 500 tr/min). Comparé au
GP 800, il affiche également une légère temporisation entre la remise
des gaz et la prise effective de vitesse. Rien de gênant cependant,
grâce à cette souplesse et cette vigueur, tous les dépassements se font
déjà haut la main. A contrario, la montée en régime et les reprises
immédiates du Gilera affirment un caractère puncheur là où le Yamaha
mise sur une belle allonge, très lisse. Du coup, rien ne semble pouvoir
perturber l’irrésistible ascension du GP 800 vers les 200 km/h
compteur... Un chiffre qui laisse songeur. Avec "seulement" 180 km/h
compteur, le T-Max marque le pas, mais n’abandonne pas la manche. Né
sous le signe de la facilité et de la progressivité, il justifie
rapidement les choix opérés par Yamaha de ne pas augmenter la
cylindrée. Dès que les conditions d’adhérence se dégradent, le moteur
du T-Max revient aux avants postes. Le 500 donne alors sa pleine
mesure. Là où sur route mouillée les accélérations et la réactivité du
GP 800 demandent un certain doigté à Sébastien, notre autre rouleur,
Damien, sur le Yamaha, peut mettre la poignée en coin sans arrière
pensée. Mais même en "en gardant sous le coude" comme le dit Seb’, le
GP 800 peut rester devant grâce à son excellent motricité. Méfiance
tout de même.
Avec de telles capacités, la protection devient primordiale. A ce
titre, le GP 800 met à profit son esthétique englobante et son
aérodynamique pour apporter confort et isolation. Si la bulle
électrique paraît basse, son double galbe et son orientation assurent
stabilité et protection. Là où la hauteur de la bulle du T-Max dévie
les flux au dessus du casque, mais provoque quelques turbulences passé
120 km/h, le Gilera engendre une légère pression, mais sans parasite.
Au moins, le torse et les jambes sont à l’abri sur nos deux
protagonistes.



Deux styles pour la ville

Il faudra attendre l’épreuve de la ville, les petits
virolos et les parcours techniques pour que le T-Max montre la
supériorité de sa partie cycle. Plus intuitif et moins piégeur que le
Gilera dans ce cas de figure, il oppose alors son aisance et sa
simplicité à la force et au poids de l’Italien. Bien plus neutre dans
son comportement, le Yam affiche un équilibre et une stabilité de tous
instants, parfaitement secondés par une capacité innée à se placer là
où il faut. Le rayon de braquage limité du GP 800 et sa tendance à
engager de l’avant à basse vitesse (donc à basculer sur le côté),
incitent du coup plus à l’enroulage urbain qu’à la lutte en règle.
Comme quoi on peut être un véritable dragster et se montrer civilisé le
moment venu. Moins facile à emmener d’un angle à l’autre et manifestant
une inertie supérieure, le GP 800 privilégie une conduite réfléchie,
coulée et expérimentée, là où l’instinct suffira pour les conducteurs
de T-Max.
Et le freinage, me direz-vous ? Impérial sur le Yamaha et juste un peu
plus doux sur le GP 800. Avec quatre pistons contre deux sur l’Italien,
le 500 compense largement son diamètre de disque inférieur (267 contre
300 mm) par un feeling proche de la perfection et une puissance
idéalement accordée avec l’amortissement. Plus doux et moins incisif,
le freinage du Gilera n’en mérite pas moins les honneurs, il stoppe la
bête avec précision voir zèle à l’avant. A noter que seul le T-Max est
pour l’instant annoncé avec une version ABS (dès mars 200, une option
que l’on appréciera sur le périphérique. A ce sujet, les rétroviseurs
du T-Max plus hauts que par le passé favorisent l’évolution entre les
voitures. Si les miroirs du GP 800 sont bien placés, leurs supports se
montrent en revanche fragiles et sont susceptibles de casser en cas de
choc sec ("testé" par nos soins).



Deux scooters d’exception

On aurait pu craindre que le dragster italien perde de
son intérêt en ville. Loin s’en faut. Si son poids reste présent, il
offre une excellente prestation et sa motorisation justifie à elle
seule que l’on se penche sur son cas. Si par le passé on comparait le
comportement et la conduite du T-Max avec ceux d’une moto, la réflexion
se vérifie encore plus avec le GP 800. Véritable équivalent d’une GT
sportive, le Gilera affiche la même inertie, mais pêche en revanche
niveau capacité d’emport ou aspects pratiques. Son coffre n’apparaît
effectivement pas exceptionnellement grand et il ne propose pas de
vide-poche dans le tablier. De ce point de vue, le T-Max facilite la
vie et évolue de manière positive. Certes, la motorisation Yamaha ne
saurait rivaliser d’audace avec le bloc Piaggio, mais son comportement
sain et les bonnes sensations qu’il fournit sont les garants d’un
succès populaire.
Le T-Max s’adresse donc à tous types de conducteurs, alors que le GP
800 plaira d’avantage aux amateurs de sensations mécaniques, de moteur
un tantinet rugueux et doté d’un bon bagage ou d’un tempérament mesuré.
A 9 300 €, le GP 800 peut sembler cher, mais la différence de prix de
301 € avec le T-Max se justifie partiellement par des performances
brutes et un confort supérieurs. Le reste dépend de vos besoins et de
vos goûts : si vous estimez que la place et les rangements prévalent,
le T-Max s’impose sans équivoque. En attendant, ces deux maxi scooters
ont pris une longueur d’avance que les Kymco Myroad 700
et consorts auront du mal à combler. Alors que le T-Max cultive sa
différence, et que ses usagers revendiquent une place à part dans le
monde du deux roues, le GP 800 réduit les marges avec la moto, une
démarche qui rejoint celle effectuée de l’autre côté par l’Aprilia Mana 850
(animée par le même moteur que le GP). Piaggio se retrouve donc
logiquement à la croisée des mondes. Quel chemin prendrez vous ?
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visitez le site officiel gilera gp800 http://www.gilera-gp800.com/index.html
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